Mettre son organisation à l’abri du piège de "l’égocentrisme organisationnel"

Mettre son organisation à l’abri du piège de "l’égocentrisme organisationnel"

Sous l’angle de la gestion stratégique, le management de chaque organisation ou entreprise s’attache à déterminer les éléments essentiels à son bon fonctionnement.

Sa démarche repose sur l’idée de la recherche d’une adéquation entre des caractéristiques de l’environnement et des qualités internes à l’organisation qui est analysée.

De ce point de vue, le développement stratégique d’une organisation, pour réussir, ne peut jamais être unilatéral au sens où seul l’environnement tente d’influencer ces dernières.

En effet, un individu, une organisation, une entreprise, peuvent influencer ou déterminer en partie le changement qui concrétise le développement stratégique, « mais le processus dépend toujours de modèles complexes de connexité réciproque qu’il est impossible de prédire ou de contrôler » (Morgan, 1989 : 286).

La théorie systémique de l’autopoïèse postule que les organisations changent et se transforment, en même temps qu’elles changent et transforment leur environnement. Les individus et les organisations ont la possibilité d’influencer ces processus autoréférentiels en choisissant une image de soi qui pourra guider leur action et les aider à déterminer leur avenir.

Cette théorie explique par exemple le phénomène que Morgan (1989 :281-284) qualifie «d’égocentrisme organisationnel» suivant lequel, beaucoup d’organisations se voient comme des unités discrètes qui doivent survivre en dépit des caprices du monde extérieur, qui est souvent conçu comme un ensemble de menaces et de possibilités [voir par exemple le modèle SWOT ou MOFF (menaces, opportunités, forces, faiblesses)].

En agissant ainsi, ces organisations ne comprennent pas leur propre complexité et les nombreuses boucles systémiques récurrentes dont elles dépendent pour leur existence même.

En fin de compte, ces organisations, par l’effet de cet égocentrisme, essaient de conserver des identités qui manquent de réalisme ou d’en produire qui détruisent les contextes dont elles font partie.


Ce faisant, elles limitent et faussent leur compréhension du contexte plus large dans lequel elles fonctionnent, et abandonnent leur avenir à la façon dont évolue ce contexte.


En réduisant leur destin à « on va voir ce qui va se passer », au lieu de tout mettre en œuvre pour le déterminer (à travers, par exemple, des tentatives de changement/transformation), elles perdent alors leur capacité de proaction dans un sens systémique.


Rappelons que l’identité d’un individu comme celle d’une organisation désigne ce qui est fondamental pour lui/elle, ce sur quoi tout le reste s’édifie et peut s’édifier. Elle est une prise de conscience de la différence. Elle est mémoire, fidélité et solidarité. Elle est le noyau dur et irréductible qui donne à l’individu ou l’organisation son style et son irréductible singularité. Elle est réactivation du passé en vue de son propre dépassement. Elle a une dimension universelle, dans le sens de l’approfondissement de sa propre singularité et non dans celui de sa négation.

La théorie de l’autopoïèse montre que s’il est fondamental, pour tout système vivant de conserver son identité, il y a différentes manières de s’y prendre dès lors que le système admet que l’environnement au sein duquel il baigne n’est pas un domaine indépendant, et qu’il ne doit pas nécessairement être en concurrence ou en lutte contre lui.

Le système doit donc établir des relations complètement nouvelles avec son environnement. Dans une sorte de démarche de découverte de soi, comme le suggère Morgan (1989 :284),  une organisation peut ainsi étudier différentes identités qui lui sont possibles et les conditions de leur réalisation.

Elle développe, ce faisant, une sorte de « sagesse systémique » qui l’amène à devenir plus conscient de son rôle, de sa signification et de son importance relative à l’intérieur du tout, ainsi que de sa capacité à faciliter les modèles de changement et de développement qui permettent à son identité d’évoluer en même temps que le système plus vaste dans lequel elle se situe, et en harmonie avec lui.

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Publié par Kliner

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