Comment expliquer la mort à votre enfant et bien communiquer ?

Comment expliquer la mort à votre enfant et bien communiquer ?

Que vous ayez ou non perdu un proche, votre enfant posent parfois des questions sur la mort qui peuvent vous désarmer. Comment répondre à notre progéniture à propos d’un sujet si sensible ?

I. Comprendre votre enfant

1. A chaque âge sa compréhension de la mort

La compréhension de la mort s’intègre progressivement dans le psychisme de l’enfant. Ainsi, la notion de mort prend un sens différent selon son âge :

 - Avant 5 ans : la mort n’est pas perçue comme définitive. Les plus petit comprennent la mort comme une absence et ne confèrent pas de sens aux expressions telles que « plus jamais » ou « pour toujours ». Ils imaginent que la personne décédée est partie mais va revenir. Ils ne ressentent pas la peur liée à cet état.
- Entre 5 et 8 ans : l’enfant comprend partiellement la mort – d’un proche ou d’un animal - en intégrant certains éléments sensoriels : le mort ne réagit plus et on voit que son apparence a changé.
- A partir de 8 ans : l’enfant amorce sa conception de la mort comme un fait irréversible : il ne reverra jamais la personne décédée.
Si l’enfant n’a pas été confronté à la mort, il commencera naturellement à poser des questions vers 6 ans. Il amorce le début de sa compréhension de la mort comme un fait définitif, ce qui peut susciter chez lui des angoisses.

2. L’enfant face à la mort

Si l’enfant ne réagit pas comme un adulte lorsqu’un proche décède, il n’est pas pour autant insensible. Il peut porter en lui une palette d’émotions, telles que :
- La peur de l’abandon
- Le sentiment de culpabilité
- La peur et l’angoisse de mourir
- Le stress lié aux émotions d’autrui
Toutes ces émotions peuvent se traduire, selon l’âge, par :
• des pleurs,
• de la colère,
• de l’absence de réaction,
• un refus de parler la mort de la personne décédée, voire la nier,
• des démonstrations d’amour,
• des cauchemars,
• mouiller son lit,
• ne pas vouloir retourner à la crèche,
• se plaindre de maux de ventre ou de têtes,
• rester seul,
• être agressif.

En cas de comportements inquiétants, n’hésitez pas à consulter un professionnel : médecin ou/et psychologue.


II. 4 questions de l’enfant sur la mort

 Face aux questions dérangeantes d’un enfant, on peut être tenté d’y remédier par un « va jouer dehors » ou de répondre métaphoriquement : « Papi est parti ».

 Cette expérience peut être difficile à vivre pour l’enfant, d’autant plus s’il y vient de vivre un décès. Plus la communication sera simple et ouverte à ce sujet, et plus il pourra intégrer la notion de mort et de finitude dans son développement cognitif, et l’aborder plus sereinement.

Voici quelques pistes pour échanger sur la mort avec son enfant :

- Pourquoi la mort ? Selon Françoise Dolto, pédiatre et psychanalyste reconnue dans le milieu, la réponse la plus exacte, et finalement la plus simple est la suivante : « Il est mort parce qu’il a fini de vivre. »
Vous pouvez aussi étayer sur le cycle de la vie. Dès 2 ou 3 ans, un tout-petit peut comprendre que les bourgeons éclosent au printemps, des fleurs s’épanouissent en été puis fanent avant de tomber à l’automne. De même pour les animaux (insectes, poissons) et tout être vivant, comme les humains. Quand on vieillit, le corps s’use et ne fonctionne plus très bien, puis plus du tout. Parfois, cependant on meurt avant d’être vieux à cause d’un accident grave ou d’une maladie grave. Ne pas oublier de préciser que ce sont des cas particuliers et que tous les accidents ou toutes les maladies ne mènent pas à cette fatalité.

- Que se passe-t-il quand on meurt ? Il s’agit de répondre biologiquement ici : « le cœur s’arrête de battre et le corps ne fonctionne plus : la personne ne respire plus et le sang ne circule plus. ».

- Où on va quand on est mort ? Encore une fois, il est important de répondre concrètement : le corps est dans un cercueil qui est ensuite sous terre ou il est brûlé. Le corps n’existe plus mais on peut se souvenir de la personne morte, en regardant des photos ou en en discutant. Ensuite, vous pouvez aborder votre vision religieuse si vous en avez une, avec précaution afin qu’il ne mélange pas les idées. L’enfant doit comprendre que le proche est biologiquement mort et qu’il ne le reverra plus ici et maintenant.

- Est-ce que tu vas mourir ? L’enfant a probablement peur d’être abandonné et de ne plus être protégé. Précisez-lui qu’un jour, vous allez mourir mais que normalement ce ne sera pas avant longtemps et que lui-même sera déjà vieux à ce moment-là.


III. Comment accompagner l’enfant endeuillé ?

Si les enfants ont une curiosité naturelle à propos de la mort, ils ne vivent pas tous un deuil à ce moment. Certains, cependant, font la première expérience du décès d’un proche. Il est important à ce moment de les accompagner et de favoriser la communication.

Vous pouvez :
- L’écouter et répondre à ses questions.
- Le rassurer, lui dire que vous êtes là.
- Partager vos émotions en lui disant que vous aussi, vous êtes triste, mais que ça va passer. La tristesse fait partie de la vie, et il y aura encore de la joie après cet événement malheureux.
- Discuter de la personne décédée, échanger des souvenirs, demander à l’enfant ce dont il se souvient.
- Le déculpabiliser s’il se sent fautif. On parle de « toute-puissance infantile » en psychologie : l’enfant croit qu’il a un pouvoir sur certaines choses et que par conséquent, une pensée magique qu’il a pu avoir a provoqué l’incident, par exemple.
- Dans le cas où vous-même être trop blessé par l’événement, n’hésitez pas à demander à un autre adulte de prendre le relais.

Un enfant peut vivre plus ou moins bien le deuil, pendant plus ou moins longtemps. L’essentiel est donc de rester à l’écoute et disponible pour qu’il puisse faire son deuil à son propre rythme.

Les rituels, tels que des anniversaires peuvent déclencher à nouveau le chagrin de l’enfant qui est face à l’absence de l’être cher. Profitez de ces occasions pour allumer une bougie ou établir un rituel positif pour se souvenir des bons moments passés.

L’enfant peut participer aux rites funéraires, à condition qu’on lui laisse le choix. Vous pouvez alors lui expliquer les différentes étapes, ce qui l’aidera à dire adieu.

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Publié par Kliner

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